18 avril 2011
Le chapitre n°1 dans sa totalité
Lundi 10 novembre 2008, 12h05,
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Allô Francis,...
Un jour, je n'ai jamais su quelle en avait été la raison, je m'étais mis à appeler mes parents, enfin, papa et maman, par leur prénom respectif et puis, avec le temps, ce mode d'appellation avait perduré. Certes, cela pouvait paraître un peu bizarre et je l'avouais, mais Francis et Sylvie y étaient habitués depuis le temps que ça durait.
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...est-ce que je pourrais venir manger vers toi à midi car ce matin, j'ai eu un petit problème avec l'ordinateur et comme je n'ai pas encore envie de me faire des nouilles pour le déjeuner...?!
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Enfin, tu sais bien que ta sœur et toi, jamais, vous ne me dérangerez. En plus, j'ai préparé des tomates farcies et fait un gâteau aux pommes. Au contraire, si tu viens, je mangerais un peu moins et cela ne pourra pas me faire de mal...
Un petit kilomètre séparait la maison de mon paternel du studio où je logeais depuis plus d'une vingtaine de mois. Tous deux se trouvaient-être situés dans le village de Flogny-la-Chapelle, un petit canton rural de l'Yonne dont les terres étaient limitrophes à celles du département de l'Aube.
Maison de Francis, 12h30,
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Je n'ai plus qu'à en racheter un autre, ça me gonfle vraiment, lui avais-je dit, comme pour apaiser un sentiment de frustration qui ne voulait plus lâcher mes pensées.
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Mais qu'est-ce que t'as encore été faire ?
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À ton avis. J'ai fait une connerie et j'ai réessayé de réinstaller un truc sur l'ordi. et maintenant, je crois que j'ai littéralement tout planté.
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Quand, je te dis qu'il faut que tu cesses de le bidouiller. Tu es sans arrêt en train d'installer, de désinstaller, de réinstaller des machins, ce n'est pas étonnant que ça foire à un moment ou à un autre !
J'espère que tu n'as pas été le jeter par la fenêtre, celui-là ?
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Ce n'est pas parce qu'un, a fait, une fois, le grand saut par la fenêtre qu'il faut que je réitère mon geste à chaque nouvel ordinateur qui dysfonctionne. D'ailleurs, je suis assez fier de ma réaction : d'un "self-control" absolu, si tu arrives à concevoir ce que je veux essayer de te dire...!! Aucune précipitation, aucun agacement. J'ai même essayé de réinstaller le système d'exploitation...
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Le quoi ?
Je savais bien que je m'exprimais d'une façon ambiguë, mais là, c'était mon père qui faisait preuve de mauvaise volonté. Il ne faisait pas l'effort de vouloir me comprendre !
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Laisse béton... C'est juste l'ensemble des programmes d'un ordinateur qui permet, comme son nom l'indique, d'exploiter les potentialités de la bécane. Il joue le rôle d'interface entre les logiciels et les matériels.
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Pourquoi, je te contredirais...!, s'était exprimé mon père, ma langue maternelle à moi, c'est le français et non le javanais !!
Je me doutais bien qu'il se foutait éperdument de tous les incidents que je lui avais exposé à propos de cette satanée machine de malheur. En réalité, le seul fait qui l'avait préoccupé, était de savoir si ce désagrément ne m'avait pas trop perturbé, d'un point de vue psychologique et si j'avais, tant bien que mal, réussi à relativiser en me disant qu'il ne s'agissait que d'un détail purement technique.
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Tu te rappelles ce qu'il t'avait dit à propos de ces machines trop "con"plexes ?
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Mais de qui, tu me parles ?
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De Monsieur G., "pardi" !
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Attends voir, ne me dit rien, je vais essayer de m'en rappeler...
Après quelques instants
...bein, je crois que c'est mort !
Forcé de constater qu'une fois de plus, cette mémoire défaillante était toujours autant incommodante, je n'avais pu, en extraire la moindre trace de l'hypothétique souvenir qui aurait dû, en théorie, être et selon les dires de mon père, "neuro-chimiquement" gravé.
- Essaie de faire un petit effort, essaie de rechercher au plus profond de ta mémoire ce qu'il t'avait exposé ce jour-là, m'avait demandé Francis !
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Euh !!!, lui avais-je répondu, en espérant qu'il puisse me guider sur le chemin de la réponse, comme il l'avait toujours fait depuis une huitaine d'années que ça durait.
Je n'avais pas voulu faire l'effort de partir à la recherche de ce souvenir ancré, quelque part, au plus profond de mes entrailles neuronales. Même si je savais qu'il m'était, dorénavant, possible d'en retrouver la trace, imprimée, quelque-part, dans le dédale de cette mémoire instable. Malheureusement la piètre anicroche de la matinée auquel, il m'avait fallu faire face, m'empêchait, qualitativement, de penser de façon péremptoire.
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Il t'avait dit que les ordinateurs n'étaient que de piètres machines, conçues à l'image de leur créateur. Or comme ce dernier n'était qu'un être imparfait, il y avait de très fortes probabilités pour que celles-ci le soient également.
Ils te reviennent maintenant ses mots, m'avait demandé Francis ?
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Bof, bof ! C'est loin tout ça !
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Mais si, rappelle-toi, Mr G. t'avait même conseillé de faire du sport plutôt que de t'abrutir à essayer de te rappeler comment marchait tel ou tel autre programme informatique.
Il était vrai qu'à cette époque, il était impossible que je puisse trouver, en moi, les ressources suffisantes pour arriver à faire face, dans ce monde où l'on m'avait plongé, sans qu'un avis ostensible n'ait finit par m'influencer d'une manière ou d'une autre. Car faire face sereinement à la piètre anicroche de la matinée, sans me laisser envahir par la source de frustration qu'un terrible fait avait engendré sur toute ma personne, ceci, était tout bonnement impossible à perpétuer.
Et même si ce n'était pas gagné d'avance, même si maintenant, il était bien plus important pour moi d'essayer de la maîtriser que l'endiguer, même si je devais pourtant vivre avec, je n'y arrivais pas. Car il m'était très difficile d'être la victime d'une spoliation de moi-même et que son incidence ne finisse, abusivement, par prendre le dessus. En réalité, elle était bien plus forte que ça et me contraignait à toujours se répercuter sur ma façon de penser.
C'était cela qui m'empêchait d'avancer, sereinement, dans une vie identique à celle de monsieur tout le monde !!
Et pourtant, cette fois-là, ce n'avait pas été l'envie qui m'en avait manquée : de me laisser submerger par l'incontrôlable, que la personne irréfléchie et incoercible que j'étais devenue, ne finisse par renaitre et ne se laisse submerger par des années de souffrances. Au moins, j'imagine que cela aurait pu me permettre d'évacuer la larme consécutive au trop-plein de frustrations, emmagasinées depuis presque une décennie de ré-apprentissages, de retenues et à fortiori, de souffrances. Depuis que j'avais compris leur petit manège gouvernemental, il ne fallait surtout pas me dire que l'éducation nationale eût été ou soit, plus que les autres, solidaire, voire salvatrice des personnes porteuses d'un handicap. Dans la réalité, à quelques exceptions près, la plupart des hauts fonctionnaires-dirigeants qui travaillent à l'étatique résolution de nos problèmes, ne sont que des bonimenteurs de première, voire des désabusés de ne point trop en percevoir. Mais sans doute, ne font-ils qu'obéir à des ordres donnés de plus haut. Cependant, loin de moi, l'idée de remettre en cause leur boulot, mais qu'ils arrêtent un peu de jouer aux pauvres petits fonctionnaires surmenés ! Et surtout que les politiques cessent pour une fois, de dire qu'ils veulent favoriser l'emploi de telle ou telle autre sorte de population et du même fait, apparaître comme le plus noble des Messies. Je commence à en avoir par dessus la tête de cette espèce d'injustice notoire à l'égard des personnes qui essaient de s'en sortir et que le système oublie une fois qu'il s'est donné bonne conscience et qu'il n'a plus besoin de leurs services. Malgré que je sois sûr qu'une régence d'un pays tel que la France, ne doit pas être une des plus simples à mettre en place. Je comprends que les Français soient las d'un tel marasme "écomico-politique". Quand, on est au fond trou, il est difficile de descendre encore plus bas mais il n'est tout de même pas si compliqué de reconnaître qu'une évolution positive, ne puisse pas arriver à se faire du jour au lendemain.
Dans ma tête, l'amalgame d'un tout se faisait et ce n'était autre que ce dernier qui se traduisait par une rancœur implacable.
Mais contre qui n'éprouvais-je pas, aujourd'hui, une certaine forme de rancune, d'avoir été les seuls à être le maitre de leur destinée ?
Après avoir bien craché ma rancœur à l'égard du système gouvernemental, je ne pouvais pas, véritablement, lui en vouloir. Car sans son aide, je ne n'aurais pas pu être là, pour tenter en vain, de lui dresser un illusoire procès d'intention, fondé sur quelques sophismes inappropriés. Du coup, je savais qu'il allait me falloir redémarrer, pour une énième fois, de la case départ, un peu comme si j'avais repris une partie interminable de monopoly© et que j'étais tombé sur une carte "Caisse de communauté" ou "Chance" me disant ceci : Aller tout droit en prison, ne passer pas par la case départ et ne toucher pas 20000 balles, euh... 20000 francs !
Malgré ce désappointement insaisissable et après bien de fâcheux évènements, je me retrouvais, à 28 ans et demi, sans boulot, à rager après une réalité qui n'arrêtait pas de me persécuter, depuis une bonne huitaine années, déjà. À les entendre se plaindre pour un oui ou pour un non, les gens m'exaspéraient à chacune de leurs jérémiades. « Et ils nous ont encore augmenté l'essence et patati et patata mais comment va-t-on faire ? Ah la conjoncture » revendiquaient-ils haut et fort, comme s'il n'y avait rien de plus important que leur putain de fric ! Dans mon for intérieur, je me disais « Rassurez-vous, vous aussi, vous serez bien obliger de faire comme les copains, pardi. Ce n'est pas au premier cran qu'il va falloir réajuster votre ceinture mais bien au trois ou quatrième ! »
Néanmoins, j'étais, évidemment, prêt à leur céder ma place s'ils étaient partants pour l'aventure ! Hélas, je craignais n'avoir que peu ou prou de réponses par l'affirmative, de ces personnes faisant preuve d'une compassion déguisée que l'on appelle, plus communément, humanité.
***
Mon nom est François et avec l'arrivée de cette nouvelle année, les contours de la trentaine se dessinent à grands coups de rotation de la petite aiguille sur l'horloge du temps. Mais lui, le temps, il ne fait que passer, condamnant l'homme à suivre l'inexorable fatalité d'un présent pour lequel, il se doit d'adapter sa conjugaison. Car comment peut-on arriver à s'épanouir dans le futur, sans repère, véritablement organisé de son passé, si ce n'est en profitant de chaque instant ?
Pour tout vous avouer, je ne suis qu'un écrivain du dimanche et si, j'ai décidé qu'il était temps de partir à la recherche d'un passé que je présupposasse être encore latent dans les profondeurs de mon être et de ma cervelle, c'est parce qu'il me fallait le faire pour pouvoir combler un manque.(nb : la professeur de français que nous avions en troisième nous disait toujours que l'imparfait du subjonctif, égayait un devoir soporifique, surtout lorsqu'il était employer n'importe comment !)
Ainsi je voudrais trouver la force de me retourner une dernière fois vers cette décennie quasiment achevée, afin de raviver une dernière fois les meurtrissures que la vie m'a fait subir et ne pas, indubitablement, en dresser le constat d'un échec établi par avance. En faite, je voudrais que la mise à nu que je m'apprête à vous narrer, puisse servir dans la vie d'autres personnes.
Car cette existence est l'élément précieux qui nous permet de tout d'oublier..., enfin pas tant que ça !!
La vie de l'Homme est-elle, suffisamment, armée pour se persuader qu'un jour ou l'autre, d'un plongeon, pieds et mains liés, vers l'inconnu jusqu'à la brasse-coulée en eaux troubles, rien ne finisse, ni par refaire surface, ni par subsister malgré les choix faits. Car qu'on veuille ou non, un certain nombre de déchirures de l'âme, anesthésiées à grands coups de rancœur, ont fini par s'amenuiser, voire se cautériser, sans ne jamais s'être, définitivement refermées.
Car il est bien souvent impossible de ranimer une flamme déjà éteinte, excepté par magie !
Aujourd'hui, j'ai énormément de mal à me persuader que la fatalité de la vie de l'Homme soit une chose inéluctable. La seule que je connaisse, est celle-ci :
Le ver est dans le fruit,
L'amour est dans la vie,
L'amer est dans la mort
Et la mort est dans la vie
Alors sachons profiter du jour présent.
Je ne suis convaincu de rien et ne crois qu'en moi et en ma famille très ou trop proche. Je ne pense pas que ce soit, une forme déguisée d'égoïsme, ni de narcissisme, ni d'un quelconque amour des siens ou de soi. C'est juste qu'à un moment de mon existence, certaines personnes ont réussi à trouver les ressources nécessaires pour m'accompagner sur les méandres tumultueux d'un Styx déchainé. Car à tous mes proches et à moi-même, il nous a fallu passer d'un bord à l'autre, cramponnés au seul rondin qui restait du radeau qui voguait, tout droit, vers les Enfers.
Alors, les mots que j'ai décidés d'écrire, vont certainement choquer les puristes de la langue française. Mais si j'ai pris le temps d'aller les puiser au plus profond de ma mémoire, si j'ai remonté, mentalement, à la rame une partie de ce fleuve, c'est bien pour qu'ils soient à jamais gravé dans l'ex-voto (1) de la conscience de mes proches. Et qu'ils finissent par s'échapper de la mienne comme le font, majoritairement, toutes mes autres idées.
(1) ex-voto : offrande faite à un dieu en demande d'une grâce ou en remerciement d'une faveur obtenue. Les objets de remerciements peuvent prendre de multiples formes : plaques anatomiques, crucifix, tableaux, mais aussi, selon les régions et les sujets des prières : maquettes de bateaux, t-shirts de sportifs, volants d'automobiles, médailles militaires, etc...
© Copyright, 06 Mars 2010, François MÉNARD
19 avril 2011
Un extrait du chapitre n°4
Samedi 13 mai 2000, 23h50,
Les joints(21) n'avaient pas arrêté de tourner dans la bagnole qui avait repris, une fois n'était pas coutume, la direction de la coupole du Saint-Ange. Le chemin pour accéder au dôme était de plus en plus étroit. La fraicheur de la nuit et la lune qui demeurait encore bien pâle à cette époque de l'année, n'en avaient pas pour autant refroidi nos ardeurs. Les quelques pétards d'herbe, qui avaient tournés depuis notre départ du squat, avaient été propices à un réchauffement de l'ambiance générale, semblant même, pour ma part, avoir apaisé mon cœur et fait disparaître la plupart de mes craintes, y compris celle au niveau de mon larynx...
(21) joints : cigarettes de cannabis
© Copyright, 06 Mars 2010, François MÉNARD
Un extrait du chapitre n°7
28 mai 2000, 1h40,
L'ambulance avait quitté les soins intensifs du centre hospitalier de Tonnerre pour rejoindre le bloc opératoire du service de traumataulogie au C.H.U. de Dijon. François n'était pas au meillleur de sa forme...
© Copyright, 06 Mars 2010, François MÉNARD
21 avril 2011
Un extrait du dernier chapitre
Mercredi 26 août 2009, maison de retraite de Chaource (10) avec Aline, 15h01,
Il y avait quelques jours de ça, Francis avait été dans l'obligation de retirer les cinq fils que le toubib avait été m'apposer sur le dessus du crâne. Bien évidemment, mon père n'avait pas eu, un instant, à forcer ses talents de "louchébem" aguerri. Cependant, il avait, tout de même, été obligé d'enfourcher sa paire de petites lunettes de presbyte, le futur pépère ! En effet, il y avait, maintenant, vingt jours de cela, j'avais vu quelques étoiles et avais bien failli m'assommer en percutant, à la piscine municipale de Tonnerre, le plot de départ numéro 3. Car comme à l'occasion de chaque été, j'étais allé voir la directrice du centre de loisirs de Flogny et lui avait proposé d'accompagner, bénévolement, les animateurs aux diverses sorties ou pour lesquelles ils avaient besoin d'un adulte supplémentaire, en vue d'aider à l'encadrement et à la surveillance des enfants.
Car on n'était jamais trop prudent !
Si bien qu'avec six autres animateurs et plus d'une quarantaine de gamins, nous nous étions rendus à cette piscine. La directrice du centre de vacances m'avait proposé de rester dans le grand bassin, pour éventuellement, surveiller les enfants téméraires qui, auraient voulu gouter à la sensation, d'être transi sur place ! Mais peu, voire aucun d'entre-eux ne semblait avoir opté et avoir voulu jeter leur dévolu dans une eau frigorifique, et engourdissant la plupart des muscles du corps. Néanmoins, étant le seul accompagnateur dans ces eaux troubles glaciales, j'avais été dans l'obligation de m'épuiser, en accomplissant un nombre excessif de longueurs, pour éviter aux muscles de mes épaules de se tétaniser.
Quand, soudain...
Ni maître-nageur, ni animateur, ni même enfant n'avait été remarquer le vacillement que je venais de faire en m'ayant extrait de l'eau de la piscine. Car la quasi totalité des gamins étaient monopolisés par le toboggan gonflable, qui avait été mis à disposition des baigneurs. Quant aux animateurs, eux, maintenaient leur corps frileux, soit dans l'eau du petit bassin qui paraissait-être à bonne température, avec des enfants arnachés de bouées et de brassières. Soit dans une chauffée à plus 30°C où pataugeaient les plus petits. Alors forcément, cela n'avait été qu'après avoir essayé, en vain de réchauffer mon corps, en reproduisant des allers-retours et tout en multipliant les mouvements très approximatifs d'une nage crawlée qui, datait de l'époque de Divio, que j'avais voulu, à la force des bras, me hisser et remonter sur le bord de la piscine. Malheureusement pour moi, je n'avais pas vu que je me trouvais juste au dessus de la ligne d'eau n°3. Si bien qu'arrivant au mur des deux mètres trente, j'avais appliqué mes deux mains sur le rebord et avait pris un élan suffisant pour pouvoir me hisser à la force des bras... Quand tout-à-coup, j'avais été me prendre le coin gauche du plot de plongeon, en pleine tête. « Ah, la vache mais quel con, avais-je grommelé, en portant la main droite sur mon cuir chevelu, putain, il y avait un trou béant et ça brochait le sang ! »
Comble d'ironie : Cette fois-là, les sapeurs pompiers de Tonnerre m'avaient transporté au service de Soins Intensifs par lequel, j'avais transité 9 années auparavant. À la différence près que ce bénin traumatisme-crânien lui, avait été sans perte de connaissance. Le médecin qui avait été recoudre la plaie en ayant apposé cinq fils, m'avait dit en voyant le dessus de mon crâne, du côté gauche :
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À ce que je vois, vous êtes un adepte des balafres de guerre sur la tête !
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C'est le moins qu'on puisse dire ! D'ailleurs, la dernière fois qu'il m'a fallu passer par votre service, je ne puis pas vraiment dire qu'il m'en soit resté un très bon souvenir, lui avais-je fait savoir !
Alors, il m'avait demandé ce que j'avais eu et puis j'étais ressorti de l'hôpital à 11h30 pour remonter dans le bus...
(à suivre...)
nota : le "copier-coller" ça n'a jamais été très pratique !
© Copyright, 06 Mars 2010, François MÉNARD
